All posts tagged: Mode

Reine arc-en-ciel

Evoquer le chapitre dédié à la couleur revient à ouvrir une boîte de chocolats et toffees Quality Street. Les toilettes royales sont autant de papiers colorés qui crissent sous les doigts gourmands. Un seul mot d’ordre : la visibilité. Jamais une tête couronnée n’aura autant mis en avant la couleur. Le « color block », Elizabeth II y a pensé bien avant la mode. Son règne est une véritable ode au technicolor. « Si je portais du beige, personne ne saurait qui je suis». Qu’elles soient pastel ou fluo, les toilettes illuminent les penderies royales. Les bookmakers misent gros sur les tonalités, les journalistes les associent à ses humeurs. Never complain, never explain. Au mariage de Kate et William, la souveraine est en jaune, la couleur des jours heureux. En tournée royale aux quatre coins du monde, la globetrotteuse (de nos jours, sa famille se déplace en son nom, eu égard à son grand âge) se rallie au panache des étendards. La reine Pantone recourt à des teintes stratégiques. On appelle cela la diplomatie du vestiaire. Un ensemble rouge …

Miroir ô miroir

La saga de Netflix, série de l’intime, invite le téléspectateur dans le boudoir royal. L’actrice Claire Foy, qui campe une Elizabeth dans l’éclat de sa jeunesse, se pare, enfile ses longs gants pendant que son habilleuse l’aide à boutonner le dos de sa robe. Sa Majesté ne passe pas ses journées à se regarder dans le miroir. Elle laisse cela aux femmes futiles. La souveraine s’en approche uniquement pour reprendre son maquillage. Son temps est précieux. Elle a un royaume à tenir. Et un vent d’indépendance souffle dans certains bastions sous tutelle britannique. Son rituel beauté est immuable. Elle se maquille elle-même, excepté pour le discours de Noël. Une maquilleuse de plateau s’occupe de la mettre en couleurs. Le passage à l’antenne nécessite des fards plus couvrants. Elizabeth II utilise un fond de teint pêche, de la poudre libre, du mascara, un trait de rouge à lèvres géranium ou rose pétunia. Elle a la chance d’avoir l’œil pervenche et n’a pas besoin d’une ombre soutenue. Un adepte de street art fait évoluer sa façon de se …

Gants et pantoufles de vair

Des accessoires emblématiques finalisent ses looks. Vestiges de l’ancien temps, détail délicat par excellence ; courts ou longs, de ville ou de cérémonie, les gants finalisent le salut au peuple et subliment le geste. Ils lui évitent les bleus à force de serrer les mains. C’est aussi le moyen de ne pas serrer des mains moites comme des éponges. Lady Diana quant à elle a bousculé les codes en offrant la poignée sincère à ses admirateurs.  La maison Cornelia James entre dans la lumière en 1947, date à laquelle la princesse Elizabeth commande sa première paire. La fondatrice fuit le nazisme. Elle s’établit en Grande-Bretagne avec une valise pour unique bagage. Celle-ci renferme le strict minimum ainsi que quelques échantillons de jersey. Avec ce tissu, elle confectionne des gants entrés dans la légende. De nos jours, Geneviève Lawson, héritière, perpétue la tradition. La souveraine soutient la création britannique et encourage les structures familiales. Elizabeth II, qui a le sens pratique aigu, les commande en suédine, une matière plus facile à entretenir que le cuir ou le …

Sac et umbrella

Le style est dans le sac. 1968. La France fait sa révolution. A Londres, Elizabeth II trouve le graal chez le maroquinier Launer. Elle jette son dévolu sur un réticule minimaliste, léger, dépourvu de fermoir et de compartiment dont les grandes anses permettent le porté main. La reine le tient comme avant, calé dans le creux du bras. Une fois adoubé, elle ne le quitte plus. Le modèle Traviata a ses faveurs. C’est l’un de ses plus fidèles compagnons de route. Le personnel du palais la voit traverser les interminables corridors munie de son royal it-bag. Sans lui, ses tenues lui semblent incomplètes. Le garder près d’elle la rassure. Il lui devient consubstantiel et elle s’en sert aussi pour communiquer avec sa garde rapprochée. Il se murmure qu’un langage codé aurait été mis au point avec les services secret dans le but d’éviter les situations embarrassantes. Sa Majesté a plus d’un tour dans son sac !  Passé d’un bras à l’autre, il signifie qu’elle souhaite mettre un terme à une conversation qui s’éternise. Un conseiller intervient sur …

Chapeaux bas

Cerises confites sur le pudding, les chapeaux ponctuent le show royal. Ils envoient des messages. Les tonalités et les accessoires sont de véritables armes de communication. On pourrait consacrer un chapitre entier aux bibis, béguins, toques, turbans. « Je dois être la seule femme au monde à porter encore le chapeau », reconnaît l’intéressée. Indeed ! Ils sont facétieux surtout dans les années soixante-dix. Encensés ou bien moqués, les mauvaises langues les comparent aux bonnets de piscine. Citons le farfelu spaghetti (Berlin), celui à parterre de pétales (Derby d’Epsom), l’envolée de papillons (Gernadier Guards), le pillbox en velours fuchsia (tunnel sous la Manche), le coquelicot power (Maroc) et les pompons plumes façon chrysanthèmes (Kyoto). Peu importe ce que l’on écrit, la grand-mère des princesses d’York ne coiffera jamais au poteau les bibis baroques de ses petites-filles Beatrice et Eugénie, étrennés aux noces de Kate et William. Si les toilettes de Sa Majesté sont discrètes, la fantaisie vient du chapeau. En 1977, un modèle exécuté dans la couleur préférée des fillettes, consacre le jubilé d’argent. La reine voit la …

Le manège à bijoux

Croire au pouvoir de l’accessoire est l’un de ses mantras. Ma’am réalise le rêve de toutes les femmes : plonger la main dans la cassette débordant de joyaux, l’un des plus grands trésors d’Europe. Ses pierres précieuses ont de quoi rendre jaloux le sapin de noël érigé au château de Sandringham. La liste des pierres précieuses vampant ses toilettes donne le tournis : broches jardinière Cartier, Carrington, Cullinan ( taillée en poire dans le célèbre diamant), nœuds hérités des reines Victoria et Mary, bijoux de cheveux, les bracelets Art Déco en diamants dessinés par le prince Philip et le modèle rose d’York, le colliers Dagmar de la reine Alexandra, celui en perles et diamants du jubilé d’or de la reine Victoria, les améthystes (collier et boucles d’oreilles) appartenant à sa trisaïeule, la fameuse Suite Victorienne en saphirs et diamants, présent de mariage de son père, ainsi que les parures offertes par le nizam d’Hyderabad et les rois Faisal et Khalid d’Arabie Saoudite, exécutées par le joaillier Harry Winston. Dans la vie de tous les jours, elle a …

Fur free

Déclinées en manteau, étole, cape, les fourrures sont un puissant marqueur de royauté, au grand dam des précurseurs de la protection animale. Celles d’Elizabeth II sont en renard, vison et zibeline. Enveloppée dans une fourrure blanche, elle rend visite au Premier ministre Churchill au 10 Downing street. En fourrure, elle procède à l’ouverture annuelle du Parlement. Devant 250.000 personnes massées dans le stade Old Delhi, elle délivre un discours, lovée dans une chauffeuse en vison blanc. En couverture du Time, on devine la fourrure rapportée sur une splendide robe de cour. Conviée au mariage de John Spencer, vicomte d’Althorp (père de la future princesse de Galles), Elizabeth II fait une entrée très photographiée à l’abbaye de Westminster. Ce jour-là, elle souligne sa toilette de cérémonie d’un opulent vison. La reine suit les tendances du moment et croit faire bonne impression en se rendant à une course hippique, calfeutrée dans une pelisse en peau de léopard. Des boots à petits talons accompagnent le manteau très controversé. Les défenseurs des espèces menacées montent aussitôt aux créneaux. Chaque …

Kate et William à la garden-party

Toujours prêts à servir la Couronne, le duc et la duchesse de Cambridge animent la traditionnelle réception. Le prince William fait son retour en habit de cérémonie, la duchesse opte pour la couleur pastel. Ce mercredi, le palais de Buckingham recevait les délégations d’associatifs. Préférant économiser ses forces pour son jubilé, Sa Majesté a demandé à son petit-fils dévoué et à sa loyale épouse de la représenter. Le comte, la comtesse de Wessex et la princesse Beatrice se sont également mobilisés afin de converser avec un maximum d’invités. Kate a réservé un accueil particulier à son vieil ami Manfred Goldberg, survivant des camps de la mort rencontré en Pologne. La duchesse Catherine a remis une robe longue à son goût. Son chapeau sculpté Philip Treacy abrite une fleur géante. Et les parapluies étaient de la partie.

Haute couture royale

Surtout pas de tralala ! La reine ne valide que les vêtements sobres, fonctionnels et seyants. Tout ce qui est ornemental est banni de ses armoires. De jour, elle calme le jeu, décline les tenues smart auréolées de perles fines. C’est ainsi que la souveraine veille aux affaires. Elle ne commande pas ses vêtements parce qu’elle les a vu dans Harper’s Bazaar. Sa garde-robe se veut avant tout pragmatique. La mode royale selon Elizabeth II renvoie l’image d’une reine appliquée et respectable, pas celle d’une fashion victim. Le dress code obéit à des règles strictes. Robes, tailleurs et manteaux ont pour unique fonction de la servir et de la mettre en valeur. Ils se doivent d’être sans chichis, pratiques et confortables. That’s it. Les fournisseurs lui soumettent leurs plus beaux coupons, de préférence unis. La cliente royale ne jette son dévolu que sur les étoffes qui ont de la main et qui ne se froissent pas. Elle doit être impeccable à sa descente de voiture. Diana, quant à elle, dût faire les frais d’une sortie de …

Elizabeth II Regina

Lilibet devient princesse royale. Sur le portrait familial pris le jour du couronnement, le roi et la reine posent avec leurs enfants. Deux couronnes médiévales ornent les coiffures en boucles des princesses. La seconde prétendante au trône d’Angleterre emboîte maintenant le pas à son père … c’est le temps de l’apprentissage. Tailleurs et manteaux cintrés lui donnent de l’assurance. En a-t-elle besoin ? Force est de constater que la future reine a du répondant et le sens des responsabilités. A un officier de marine qui lui fait faire le tour d’un vaisseau et s’adresse à elle en la qualifiant de « ma petite dame », celle-ci répond derechef : Je ne suis pas votre petite dame. Je suis la princesse Elizabeth ! Qu’on se le dise. Au mariage de son oncle George, duc de Kent, un spécialiste du portrait de cour la photographie dans sa toilette de demoiselle d’honneur. La machine à rêve de la monarchie se met en marche. Il n’y a qu’à observer George VI et les siens, à l’heure du thé, pour prendre une leçon de chic …