Jubilé de platine
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Le manège à bijoux

Croire au pouvoir de l’accessoire est l’un de ses mantras. Ma’am réalise le rêve de toutes les femmes : plonger la main dans la cassette débordant de joyaux, l’un des plus grands trésors d’Europe. Ses pierres précieuses ont de quoi rendre jaloux le sapin de noël érigé au château de Sandringham. La liste des pierres précieuses vampant ses toilettes donne le tournis : broches jardinière Cartier, Carrington, Cullinan ( taillée en poire dans le célèbre diamant), nœuds hérités des reines Victoria et Mary, bijoux de cheveux, les bracelets Art Déco en diamants dessinés par le prince Philip et le modèle rose d’York, le colliers Dagmar de la reine Alexandra, celui en perles et diamants du jubilé d’or de la reine Victoria, les améthystes (collier et boucles d’oreilles) appartenant à sa trisaïeule, la fameuse Suite Victorienne en saphirs et diamants, présent de mariage de son père, ainsi que les parures offertes par le nizam d’Hyderabad et les rois Faisal et Khalid d’Arabie Saoudite, exécutées par le joaillier Harry Winston.

Dans la vie de tous les jours, elle a toujours sur elle des boucles d’oreilles et un collier de perles, ainsi qu’une broche au revers. Sa grand-mère la reine Mary les accrochait au centre de ses corsages. Sur elle, la broche n’est jamais décorative. Epinglée sur le côté, elle a deux connotations : l’une diplomatique, l’autre affective, tout dépend du contexte. En tournée royale dans les pays du Commonwealth, la reine accroche des bijoux à messages à ses vêtements. Feuille d’érable, fougère scellent la bonne entente entre les deux nations. Le trèfle irlandais maintient le lien fragile. La broche chardon, emblème national de l’Ecosse, la rapproche de ses origines maternelles et flatte le peuple écossais lorsqu’elle lui rend visite.

Une relation sentimentale la lie à ses parures de famille. La reine Mary, le roi George VI, la reine mère les lui ont offert. Ces accessoires précieux sont ses anges gardiens. Jeune fille, la princesse porte souvent la broche jardinière. A la naissance de son fils Charles, elle décore sa veste du panier rempli de fleurs. Il existe une version plus sophistiquée du célèbre tour de cou en perles fines : le collier de chien à quadruple rangs, commandé pour elle par le gouvernement japonais et muni en son centre d’une boucle en diamants. Il a été emprunté par la duchesse Catherine de Cambridge lors des funérailles du prince Philip. Au mariage de Kate, la grand-mère du prince William fête l’amour. Sur son manteau jaune scintille le nœud des amants. A l’aide d’une broche, la reine rappelle le souvenir de son bien-aimé. Ainsi à la conférence climatique mondiale de Glasgow (COP26), Elizabeth II, assignée à résidence sur avis médical, délivre un message virtuel aux leaders internationaux, réunis par le prince de Galles et le duc de Cambridge. Le vestiaire royal célèbre la green attitude. Un papillon décore une robe verte. Il fait écho au portrait du défunt duc d’Edimbourg immortalisé au milieu d’une nuée de lépidoptères. Le modèle scarabée est cher à son cœur. C’est un cadeau du prince Philip.  

Les diamants sont éternels. Et ils sont ses meilleurs amis dans le cadre de ses fonctions royales. Les couronnes George IV, Impériale et celle de St Edward quittent leurs écrins à l’occasion des grandes  célébrations de la monarchie. La cassette personnelle regorge de diadèmes Kokoshnik, Vladimir, des Filles de Grande-Bretagne et d’Irlande, Delhi Durbar, Burmese Ruby, le nœud des amoureux Cambridge, les aigues-marines du président du Brésil. Ces bijoux inestimables rehaussent sa coiffure de mille feux. Le maître des horloges du palais royal s’affaire. Les pendules doivent indiquer l’heure juste. Le temps de la souveraine est précieux, son planning très chargé. Aussi porte-t-elle une montre au poignet. La ponctualité n’est-elle pas l’apanage des monarques ?  Son père lui a offert la plus petite montre au monde, achetée chez Cartier pour ses 18 ans. Le bijou serti de diamants baguette est aussi léger qu’une plume. Hélas, la princesse le perd en promenant ses chiens à Sandringham. On organise une battue. Militaires et scouts fouillent les alentours sans succès. La France lui en remettra une autre similaire au cours d’une visite d’Etat. David Bailey, l’iconique photographe du Swinging London, réalise le portrait de l’anniversaire de saphir. Il obtient un sourire plein phare en demandant à son modèle si ses pierres sont en toc. Les joyaux lui paraissent tellement improbables qu’il en vient à douter de leur valeur. N’en déplaise, la parure en saphirs et diamants du roi George VI est bien véritable.

Prochain épisode : Chapeaux bas

2 Comments

  1. Vesta says

    Bien chère Lynda,
    Merci pour ce nouvel article où votre plume fait une fois de plus scintiller mon cœur!
    Grâce à vous je n’admirerai plus “bêtement” les bijoux royaux avec de simples “oooh !” ou “waouaaah! ”
    J’aimerais que vous écriviez des contes comme par exemple “Vie et passions du beau sapin de Noël de Sandringham”

  2. Libellule says

    Voila le coffre entrouvert….et je suis éblouie….!!!! point de petits cailloux blancs sur le chemin du règne….mais profusion de diamants et de pierres précieuses….!!! de l’histoire familiale à celle plus officielle…..de la Reine Mary…aux Arabies et autres contrées….le savoir de Lynda nous entraine….dans le feuilleton du….Trésor Royal…signature de la Monarchie….!!!Plus abordables…
    j’aime voir….les Broches “messagères”…. couleur du Temps de sa Majesté….!!!!

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