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La réhabilitation signée Angela

Il faut sauver le vestiaire. Un voyage diplomatique va tout arranger. Il met une perle rare sur le chemin de Sa Majesté. Une femme courageuse, discrète, solaire, une self-made-woman comme les aime Elizabeth II, signe la reprise en main. Avant d’intégrer le sérail de Buckingham, Angela Kelly officie en tant que gouvernante dans la résidence de l’ambassadeur de Grande-Bretagne à Berlin. En 1992, une réception est donnée en l’honneur du couple souverain. La reine et le prince consort couvrent un séjour en Allemagne. Son époux veut en savoir plus sur l’identité des invités. Il questionne Mrs Kelly, qui a son grand dam, ne souffle mot. Une charte de confidentialité la lie à son employeur.   – Vous ne le direz pas même à Sa Majesté ? insiste le duc d’Edimbourg. La reine se souviendra de la discrétion de Mrs Kelly. Peggy Hoath, l’habilleuse attitrée prend sa retraite. Angela reçoit un coup de fil du palais. Les dés sont jetés. Sa vie bascule lorsqu’elle foule le tapis rouge menant à la suite royale. Cette personne de confiance, née …

Le chant du cygne du dressing

Dans son bureau de Buckingham, elle traite ses dossiers dans un silence de cathédrale pendant que passe la caravane des excentricités. Les dandys psychédéliques arpentent le macadam de Carnaby street. Les Chelsea Girl montrent leurs jambes dénudées par Mary Quant. La micro jupe de la princesse Anne créée le buzz. Sa mère ne dit mot. Il faut que jeunesse se passe. Les jupes royales restent de marbre, figées dans la longueur réglementaire. Forme trapèze, découpes hublots, col pelle à tarte, bottes blanches, teintes pétillantes, les classiques royaux empruntent aux codes des Seventies. Un témoignage avant-gardiste enrichit la galerie des portraits. Andy Warhol réalise une sérigraphie dans les tons pop. Mais rien n’y fait. L’icône de la cour tente de raviver la flamme en paraissant vêtue d’une tenue inhabituelle au gala des artistes. Sa robe arlequin déclenche une avalanche de critiques. Il faut se rendre à l’évidence : le style élisabéthain tombe en disgrâce. Les tenues old fashioned sont décrétées poussiéreuses. Les costumes de la maturité ne parlent plus aux jeunes générations. Le vestiaire ronronne. La reine …

Les années fastes

Le style rétro culmine dans les années 50. Les journalistes qualifient la reine d’Angleterre de bombe. Un ministre la compare à Greta Garbo. C’est l’époque du rétro, des jupes dansantes et des bibis. Grace Kelly, future princesse du Rocher, incarne la tendance. De nos jours, la série américaine Mad Men popularise les silhouettes seyantes sur le petit écran. Un enchanteur français est à l’origine de cette mode. A Paris, la rédactrice Carmel Snow s’extasie en découvrant la collection Christian Dior. Its new ! It’s new Look ! Dior agite sa baguette magique. Un style né qui va changer la mode. L’esprit de Dior est partout.  Le new look rompt avec la rigueur des années de guerre. Soyons fous ! Les jupes toutes en volume tourbillonnent, la taille s’étrangle, la femme devient fleur, corolle. Les princesses d’Angleterre assistent à une présentation privée. Elles sont sous le charme. Margaret insiste. La cadette veut une robe romantique. Son père obtempère : pas avant la majorité ! Le fardeau royal ne pèse pas sur ses épaules. Alors Margaret pousse les décolletés un peu plus loin, …

Sac et umbrella

Le style est dans le sac. 1968. La France fait sa révolution. A Londres, Elizabeth II trouve le graal chez le maroquinier Launer. Elle jette son dévolu sur un réticule minimaliste, léger, dépourvu de fermoir et de compartiment dont les grandes anses permettent le porté main. La reine le tient comme avant, calé dans le creux du bras. Une fois adoubé, elle ne le quitte plus. Le modèle Traviata a ses faveurs. C’est l’un de ses plus fidèles compagnons de route. Le personnel du palais la voit traverser les interminables corridors munie de son royal it-bag. Sans lui, ses tenues lui semblent incomplètes. Le garder près d’elle la rassure. Il lui devient consubstantiel et elle s’en sert aussi pour communiquer avec sa garde rapprochée. Il se murmure qu’un langage codé aurait été mis au point avec les services secret dans le but d’éviter les situations embarrassantes. Sa Majesté a plus d’un tour dans son sac !  Passé d’un bras à l’autre, il signifie qu’elle souhaite mettre un terme à une conversation qui s’éternise. Un conseiller intervient sur …

Haute couture royale

Surtout pas de tralala ! La reine ne valide que les vêtements sobres, fonctionnels et seyants. Tout ce qui est ornemental est banni de ses armoires. De jour, elle calme le jeu, décline les tenues smart auréolées de perles fines. C’est ainsi que la souveraine veille aux affaires. Elle ne commande pas ses vêtements parce qu’elle les a vu dans Harper’s Bazaar. Sa garde-robe se veut avant tout pragmatique. La mode royale selon Elizabeth II renvoie l’image d’une reine appliquée et respectable, pas celle d’une fashion victim. Le dress code obéit à des règles strictes. Robes, tailleurs et manteaux ont pour unique fonction de la servir et de la mettre en valeur. Ils se doivent d’être sans chichis, pratiques et confortables. That’s it. Les fournisseurs lui soumettent leurs plus beaux coupons, de préférence unis. La cliente royale ne jette son dévolu que sur les étoffes qui ont de la main et qui ne se froissent pas. Elle doit être impeccable à sa descente de voiture. Diana, quant à elle, dût faire les frais d’une sortie de …

Elizabeth II Regina

Lilibet devient princesse royale. Sur le portrait familial pris le jour du couronnement, le roi et la reine posent avec leurs enfants. Deux couronnes médiévales ornent les coiffures en boucles des princesses. La seconde prétendante au trône d’Angleterre emboîte maintenant le pas à son père … c’est le temps de l’apprentissage. Tailleurs et manteaux cintrés lui donnent de l’assurance. En a-t-elle besoin ? Force est de constater que la future reine a du répondant et le sens des responsabilités. A un officier de marine qui lui fait faire le tour d’un vaisseau et s’adresse à elle en la qualifiant de « ma petite dame », celle-ci répond derechef : Je ne suis pas votre petite dame. Je suis la princesse Elizabeth ! Qu’on se le dise. Au mariage de son oncle George, duc de Kent, un spécialiste du portrait de cour la photographie dans sa toilette de demoiselle d’honneur. La machine à rêve de la monarchie se met en marche. Il n’y a qu’à observer George VI et les siens, à l’heure du thé, pour prendre une leçon de chic …

L’âge heureux

Feuilleter l’album de l’enfance, c’est pénétrer dans un univers feutré. Une bulle dorée où les princesses s’habillent en petite fille modèle. Leur mère, la duchesse d’York, règne sur la garde-robe. Leur père aussi. Le futur George VI se passionne pour les tendances, dessine ses costumes et a son mot à dire dans le choix des vêtements de ses deux filles. Son épouse commande du pur style aristocratique anglais. Robes évanescentes aux volants victoriens, cotonnades fleuries assorties à des cardigans, manteaux de tweed, pulls shetland, kilt et babies vernies entrent dans le dressing. De savoureux chapeaux font leur apparition pour les grandes occasions. Une photo représente Lilibet en calèche. La petite-fille de George V étrenne un chapeau en feutre rose serti de fleurs. Si la coiffe est à croquer, il lui tarde de détacher la bride sous le menton qui lui gratte le cou. La fillette n’imagine pas un instant que sa collection vertigineuse de bibis fera couler beaucoup d’encre. Dans le parc de Windsor, la sœur aînée de Margaret électrise déjà les foules. Les invités …

Kate à la cour du Danemark

Le second volet du déplacement se focalise sur la diplomatie. Au Royaume-Uni comme au Danemark, les préparatifs des jubilés royaux battent leur plein. Elizabeth II célèbrera ses soixante-dix ans de règne en juin, Margrethe II son jubilé d’or en septembre. Au deuxième jour de la visite, Kate s’adonne a des activités en forêt en compagnie de bambins. Le Danemark préconise les ateliers tournés vers la nature pour l’épanouissement des plus petits. Un credo auquel la maman de George, Charlotte et Louis adhère. A son grand dam, elle ne peut pas garder sur elle sa tenue de randonneuse car elle est attendue à la cour. Elle enfile aussitôt le costume de représentation adéquat: une robe manteau longueur midi en tweed. Margrethe II, remise du Covid-19, la reçoit au palais Christian IX d’Amalienborg. Elle s’enquiert de l’état de santé de la reine Elizabeth diagnostiquée positive. Kate se montre rassurante bien que le Palais annonce, dans un bref communiqué, que “Sa Majesté qui présentait des symptômes légers apparentés à ceux d’un rhume, a annulé ses engagements par visioconférence …