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Le chant du cygne du dressing

Dans son bureau de Buckingham, elle traite ses dossiers dans un silence de cathédrale pendant que passe la caravane des excentricités. Les dandys psychédéliques arpentent le macadam de Carnaby street. Les Chelsea Girl montrent leurs jambes dénudées par Mary Quant. La micro jupe de la princesse Anne créée le buzz. Sa mère ne dit mot. Il faut que jeunesse se passe. Les jupes royales restent de marbre, figées dans la longueur réglementaire. Forme trapèze, découpes hublots, col pelle à tarte, bottes blanches, teintes pétillantes, les classiques royaux empruntent aux codes des Seventies. Un témoignage avant-gardiste enrichit la galerie des portraits. Andy Warhol réalise une sérigraphie dans les tons pop. Mais rien n’y fait. L’icône de la cour tente de raviver la flamme en paraissant vêtue d’une tenue inhabituelle au gala des artistes. Sa robe arlequin déclenche une avalanche de critiques. Il faut se rendre à l’évidence : le style élisabéthain tombe en disgrâce. Les tenues old fashioned sont décrétées poussiéreuses. Les costumes de la maturité ne parlent plus aux jeunes générations. Le vestiaire ronronne. La reine …

Chapeaux bas

Cerises confites sur le pudding, les chapeaux ponctuent le show royal. Ils envoient des messages. Les tonalités et les accessoires sont de véritables armes de communication. On pourrait consacrer un chapitre entier aux bibis, béguins, toques, turbans. « Je dois être la seule femme au monde à porter encore le chapeau », reconnaît l’intéressée. Indeed ! Ils sont facétieux surtout dans les années soixante-dix. Encensés ou bien moqués, les mauvaises langues les comparent aux bonnets de piscine. Citons le farfelu spaghetti (Berlin), celui à parterre de pétales (Derby d’Epsom), l’envolée de papillons (Gernadier Guards), le pillbox en velours fuchsia (tunnel sous la Manche), le coquelicot power (Maroc) et les pompons plumes façon chrysanthèmes (Kyoto). Peu importe ce que l’on écrit, la grand-mère des princesses d’York ne coiffera jamais au poteau les bibis baroques de ses petites-filles Beatrice et Eugénie, étrennés aux noces de Kate et William. Si les toilettes de Sa Majesté sont discrètes, la fantaisie vient du chapeau. En 1977, un modèle exécuté dans la couleur préférée des fillettes, consacre le jubilé d’argent. La reine voit la …